Bretagne Info Nautisme

AccueilActualités & évènementsActualitésLa Transat AG2R LA MONDIALE a formé une génération de marins pour Pierre Bojic, directeur de Pen Duick

La Transat AG2R LA MONDIALE a formé une génération de marins pour Pierre Bojic, directeur de Pen Duick

Directeur général de la société Pen Duick qui organise la Transat AG2R LA MONDIALE mais aussi La Solitaire du Figaro, La Route du Rhum et la Transat Jacques Vabre, Pierre Bojic revient sur les deux décennies qui ont marqué cette course en double et à armes égales. La transat AG2R LA MONDIALE fête ses 20 ans.


- Quel bilan tirez-vous de ces deux décennies de course ?

Pierre Bojic, Pen Duick
Pierre Bojic, Pen Duick

Pierre Bojic : Vingt ans, c’est une génération. Je me souviens qu’en 1992, c’était la période où des marins qui allaient devenir de grandes stars apparaissaient, Michel Desjoyeaux qui a remporté avec Jacques Caraës la première édition, Roland Jourdain, Jean Le Cam…Vingt ans d’existence, c’est long pour une course et c’est bien sûr magnifique qu’elle puisse perdurer. Il ne faut pas oublier que c’était aussi la première course transatlantique avec ce type de bateau. C’est vrai qu’à l’époque on se demandait même si un Figaro Bénéteau de seulement 10 mètres était capable de traverser l’Atlantique. C’est pour cette raison qu’il y avait une étape à Madère.
Aujourd’hui cette course est bien installée dans le paysage nautique avec un partenaire qui est là depuis l’origine. En 2006, nous avons décidé de donner un nouveau souffle à la course qui partait alors de Lorient. Nous avons donc cherché un autre port et sommes arrivés à Concarneau. Je dois dire que dès le début cela a bien fonctionné, avec la ville, la Chambre de commerce et d’industrie de Quimper Cornouaille qui est un des acteurs principaux de l’accueil à Concarneau. Je trouve en outre que la ville est parfaitement adaptée à ce type d’événement, qu’elle a la bonne dimension. Nous nous retrouvons ici dans un écrin, avec la ville close mais aussi le port dans la ville qui permet d’avoir une réelle proximité entre la population et l’événement.

- Que pensez-vous du plateau des skippers pour cette édition anniversaire ?
Pierre Bojic : En ce qui concerne le nombre, je ne vous cache pas que j’aurais aimé avoir 20 bateaux au départ. En fait, 16 bateaux sont partis samedi de Concarneau pour rallier Saint-Barthélemy, contre 18 à 25 pour les éditions précédentes et surtout, 10 bateaux n’ont pas réussi, crise oblige, à trouver cette année leur financement. Ce n’est pas l’engouement des coureurs qui manque, mais plutôt la capacité, dans cette situation économique difficile de trouver des sources de financements. Sur le plan qualitatif, nous savons que les années de Vendée Globe ne sont pas propices à ce que les grands noms de la voile, Michel Desjoyeaux ou Armel Le Cleac’h, s’alignent au départ pour revenir se mesurer à leurs petits camarades de la nouvelle génération.
La mise en place de la nouvelle classe MOD70 monopolise également un certain nombre de skippers. Nous avons tout de même les grands ténors de la classe Figaro, Gildas Morvan, Erwan Tabarly, Jeanne Grégoire, ainsi que – et c’est cela qui m’intéresse le plus – les nouveaux venus, comme Fabien Delahaye, Sam Goodchild, Morgan Lagravière, qui deviendront peut-être les futurs grands noms du circuit. En tout cas, nous avons un plateau homogène avec un niveau assez relevé sur les 7 ou 8 premiers bateaux, ce qui promet une belle bagarre jusqu’à l’arrivée à Saint-Barthélemy.

Départ Transat AG2R LA MONDIALE 2012
Départ Transat AG2R LA MONDIALE 2012
© Alexis Courcoux

- Comment sera selon vous l’ambiance dans moins de 20 jours à Saint-Barthélemy ?
Pierre Bojic : Chaude, comme toujours ! Là aussi, il s’agit d’un écrin, même s’il n’est pas possible de comparer le port de Gustavia à celui de Concarneau. C’est une petite île très préservée, un peu jet set, qui a beaucoup de charme. Elle est située au nord de l’arc antillais près de Saint-Martin et au dessus de la Guadeloupe. Je constate aussi que la population de Saint-Barthélemy a véritablement adopté la course alors qu’ils étaient plutôt habitués à voir de grands voiliers plutôt démesurés et parfois un peu inaccessibles. Si l’arrivée de la transat demeure toujours sur cette île privilégiée et paradisiaque, c’est parce que justement les Saint-Barths y sont très attachés et qu’elle constitue un événement majeur au sens populaire du terme.

- La société Pen Duick organise de nombreuses courses océaniques de grand renom. Comment faites-vous pour vous organiser au fil de la saison et des événements successifs ?
Pierre Bojic : Depuis de nombreuses années, nous sommes habitués à avoir environ deux courses par an. Notre petite structure qui compte 7 personnes est dimensionnée pour absorber cette charge de travail. Sur le plan de la communication, nous travaillons avec de nombreuses collaborations extérieures qui nous apportent leur savoir-faire. Sur le plan nautique, nous collaborons très étroitement avec la Fédération Française de Voile et les différents clubs. Disons que 2012 est une année normale, avec l’organisation de La Solitaire du Figaro qui partira pour la première fois de Paimpol le 24 juin prochain.

Interview par David Raynal à Concarneau

Départ de la Transat AG2R LA MONDIALE 2012, samedi 21 avril, devant Concarneau.
Départ de la Transat AG2R LA MONDIALE 2012, samedi 21 avril, devant Concarneau.
Direction Saint-Barthélémy, dans les Antilles françaises
© Alexis Courcoux
Publié le 24 avril 2012

  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Partager sur Viadéo